Colloque international

Les nanotechnologies : vers un changement d’échelle éthique ?

Université Libre de Bruxelles, les 4 et 5 avril 2011

Les nanotechnologies opèrent à l’échelle du nanomètre, l’ordre de grandeur de l’ADN, des protéines, des virus mais aussi des atomes que l’on est désormais capable de manipuler pour constituer de nouveaux matériaux ou façonner de nouveaux objets. A cette échelle, le vivant et l’inerte se confondent dans les processus de recherche et s’associent dans la création d’entités présentes dans notre environnement et potentiellement dans notre corps. Le domaine des nanotechnologies est forcément multidisciplinaire et ses champs d’application sont fortement diversifiés et ouverts.

En quoi les nanotechnologies influencent-elles la manière dont la philosophie et l’éthique se construisent pour appréhender leurs enjeux spécifiques et ceux liés à la convergence de ces nanotechnologies avec les biotechnologies, l’informatique ou les sciences cognitives ? C’est à cette question que ce colloque international se propose de répondre en déployant sa réflexion autour de trois thèmes fondamentaux.

1. La gestion des nanotechnologies dans l’Union européenne et sur le plan international

L’union européenne adopte une approche originale des nanotechnologies. Elle se démarque de la politique américaine exprimée dans le rapport Converging Technologies for Improving Human Performance de la National Science Foundation, en refusant d’associer des fins transhumanistes au développement de technologies convergentes. Une autre spécificité européenne tient au rôle accordé au principe de précaution dans la gestion des nanotechnologies. Il s’agit là des premiers jalons d’un encadrement éthique des nanotechnologies à l’échelle européenne ou internationale dont cette session tentera de préciser les modalités.

2. Les risques associés aux nanotechnologies

Le récent développement des nanotechnologies soulève la question de la validité du concept traditionnel de risque technologique. Malgré sa richesse et sa complexité, il n’est pas certain qu’il suffise à appréhender la spécificité des risques liés aux nanotechnologies, en particulier les risques symboliques – ceux qui menacent les catégories anthropologiques fondamentales. En outre, l’invisibilité des nanotechnologies sollicite l’imaginaire et confère ainsi à la notion de perception du risque toute son importance. Enfin, la prudence impose une évaluation minutieuse des apports positifs et des effets potentiellement nocifs des nanotechnologies, particulièrement en matière de santé publique. Ainsi, la nanomédecine pourrait se révéler plus efficace et plus précise que la médecine traditionnelle dans la détection des pathologies ou dans le dosage et l’administration des médicaments. Toutefois, on peut s’inquiéter du succès des idéologies posthumanistes cherchant, dans une visée élitiste, à transformer le corps ou à exercer une influence sur la pensée, les affects et le comportement par des applications nanotechnologiques.

3. Les enjeux éthiques et philosophiques majeurs des nanotechnologies

Par leur existence même et leurs applications, les nanotechnologies invitent à penser de manière nouvelle les notions de frontière et d’opposition – entre le naturel et l’artificiel, l’objet et le sujet, le vivant et l’inerte – à la lumière de l’interdisciplinarité et de la convergence des savoirs et des compétences. Les nanotechnologies vivifient la réflexion épistémologique, métaphysique et éthique en plaçant dans une perspective inédite les relations entre la liberté de la recherche et un champ sémantique englobant responsabilité, précaution ou prudence, dans le sens aristotélicien du terme.

 
FNRS
Avec le soutien du Fonds de la Recherche Scientifique et de l'Université Libre de Bruxelles.
En collaboration avec le groupe de contact FNRS « Philosophie et bioéthique »
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