Les recherches de l'équipe DULBEA GENRE s’articulent autour des inégalités au travail et de la pauvreté. Elles se font dans un cadre multidisciplinaire qui privilégie les comparaisons internationales et les analyses quantitatives.

Les principaux thèmes sont:

  1. les inégalités dans les marchés du travail
  2. les inégalités de revenus et la pauvreté
  3. « femmes et sciences »
1. Activités et projets de recherche portant sur les inégalités dans les marchés du travail
Général

Participation continue au réseau européen ENEGE - Réseau européen d’experts sur l’égalité de genre de la Commission Européenne dans lequel Danièle Meulders représente la Belgique et Robert Plasman le Luxembourg : évaluation annuelle du Programme National de Réforme pour l’Emploi et rédaction de rapports thématiques sur des sujets aussi divers que « Les soins aux personnes âgées », « la crise et le genre », « la fiscalité et le genre », « l’écart salarial de genre », etc., évaluation trimestrielle des indicateurs relatifs au marché du travail et des politiques mises en œuvre pour promouvoir l’égalité de genre.

Participation continue au réseau international GDR Mage - Marché du travail et genre. Le Mage, créé en 1995, fût le premier groupement de recherche multidisciplinaire centré sur la question du genre. En 2003 il est devenu GDR européen, sous la direction de Margaret Maruani. Aujourd'hui, il se transforme en réseau international. Au-delà de l'Europe, il a engagé des coopérations avec des universités du Japon, de Chine et du Brésil. Le Mage a toujours travaillé de façon pluridisciplinaire, l'objectif étant de faire sortir la question du genre du cercle des initiés, de l’intégrer dans un débat plus vaste avec ceux et celles qui estiment – sans forcément que ce soit leur objet de recherche principal – qu’une lecture sexuée du monde du travail a des vertus heuristiques. Margaret Maruani dirige ce groupe assistée par Danièle Meulders et Jacqueline Laufer. Cette combinaison à la direction du groupe a généré un nombre considérable de projets de recherche issus d’une collaboration entre le Mage et le DULBEA. Par exemple, les symposia à Rabat en 2003 (“Symposium International – Marché du travail et genre dans les pays du Maghreb – Spécificités, points communs et synergies avec l’Europe), aussi à Rabat en 2006 (“Marché du travail et genre dans les pays du Maghreb – Quels marchés du travail?”), au Brésil en 2007 (“Marché du travail et genre : Comparaisons internationales Brésil-France”), ou encore à Bruxelles en 2008 (“Parentalité et emploi - un défi pour les politiques publiques”) et 2009 (“Revenus et risques de pauvreté individuels des femmes et des hommes“).

 

Le travail à temps partiel, les emplois atypiques, les congés parentaux, les effets de la parentalité sur l’emploi

«The Rationale of Motherhood Choices : Influence of Employment Conditions and of Public Policies (MOCHO)» (2001-2004) dans le cadre de l’Action Clé « Improving Human Research Potential and the Socio-economic Knowledge Base » du cinquième programme cadre de la Commission Européenne. Cinq pays ont participé à ce projet: la Belgique et les Pays-Bas, en tant que pays coordinateurs, ainsi que l’Italie, la Grèce et la France. L’objectif du projet était d’analyser comment la décision de maternité est affectée par les conditions sur les marchés du travail et comment les politiques publiques peuvent être conçues de façon à promouvoir la parentalité parmi les couples biactifs. Le caractère interdisciplinaire et international de l’équipe de recherche qui regroupait des analystes politiques, des économistes, des démographes et des sociologies a permis d’élargir le spectre de la recherche et d’encourager une large discussion et dissémination des résultats. Ce projet a significativement contribué à la prédiction des taux de fécondité et il a permis de mieux comprendre l’impact à la fois des conditions d’emploi sur les décisions de fécondité et des politiques sociales sur les choix des parents.

« Public policies towards employment of parents and social inclusion (PEPSI) » (2005-2008). PEPSI était une recherche financée sous le programme pluri-annuel de recherche « Société et Avenir » (2005-2010) du Service Public Fédéral pour la Politique Scientifique. L’objectif du projet PEPSI était d'étudier l'effet des jeunes enfants sur la participation au marché du travail et les caractéristiques d'emploi des parents - tant mères que pères - et leur implication en termes de politiques familiales et d'emploi, d'allocation intra-ménage du temps et d'externalisation du travail domestique et de "care", créant de la sorte de nouveaux défis en matière d'emploi. La position relative de la Belgique a été analysée au sein de l'Union européenne mais également envers d'autres pays de l'OCDE. Les bases de données utilisées sont entre autres le PSBH et l'ECHP, l'EFT, l’ESES, l'ESS, MISSOC, et des enquêtes budget-temps, à côté de données administratives et législatives. Le projet a été novateur dans plusieurs aspects tels que l'étude des caractéristiques de l'emploi des deux parents et non seulement des mères; le développement de typologies plus poussées et complètes sur la conciliation travail-famille; l'utilisation d'une vaste gamme de bases de données élargissant les aspects financiers et économiques à des considérations institutionnelles, sociales, d'opinions, et d'allocation du temps hors travail; une analyse approfondie et désagrégée de l'accès et l'usage inégaux des services de garde.

Les inégalités salariales

« Analysis of the gender pay gap in the EU-27 » (juillet-décembre 2010), un projet de recherche pour l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes pour préparer la Présidence belge de l’Union Européenne. L’objectif était d’utiliser les données 2006 de l’Enquête sur la Structure des Salaires afin d’analyser et de comparer l’écart salarial de genre à travers l’UE et d’en étudier les causes.

« Evaluation of the effectiveness of the current legal framework on equal pay for equal work or work of equal value in tackling the gender pay gap (EQPA) », une recherche pour la DG Emploi et Affaires Sociales de la Commission Européenne, réalisée par Particip (Allemagne) en collaboration avec des experts de genre nationaux. L’objectif était d’évaluer l’efficacité du cadre légal et réglementaire existant pour réduire les inégalités de salaire entre femmes et hommes.

« Pay Inequality and Economic Performance » (PIEP) (2002 – 2004), réseau européen de recherche traitant des questions relatives aux relations entre performance économique et inégalités salariales au niveau microéconomique. Le projet comprenait une équipe pluridisciplinaire de chercheurs travaillant en étroite collaboration avec Eurostat et était soutenu par la Commission européenne. (http://cep.lse.ac.uk/piep/)

2. Projets de recherche portant sur les inégalités de revenus et la pauvreté

« European indicators of migrant integration » (2012), projet de recherche pour la Commission Européenne réalisé en collaboration avec le groupe MPG (Migration Policy Group), Dirk Jacobs (GERME), Pierre Desmarez (METICES) et Andrea Rea (GERME, MAM). Il s’agit dans ce projet d’évaluer si les indicateurs européens d’intégration des migrants sont appropriés pour mesurer et suivre les résultats des politiques d’intégration. Ce projet a trois objectifs : (1) analyser les indicateurs européens communs d’intégration des migrants en vue d’établir une meilleure compréhension des phénomènes observés et de formuler des messages politiques; (2) évaluer la pertinence des indicateurs proposés tout en considérant la possibilité d’utiliser d’autres sources de données fiables ; (3) proposer un système de suivi des résultats des politiques d’intégration.

« Belgian Gender and Income Analysis (BGIA) » (2007 - 2009), un projet regroupant la Politique scientifique fédérale, l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, la Direction générale des Statistiques et de l’Information Economique ainsi que le Département d'Economie Appliquée de l’Université Libre de Bruxelles (DULBEA). L’objectif de ce projet était d’analyser les données relatives aux revenus des femmes et des hommes dans les différentes bases de données disponibles en Belgique, de mesurer les inégalités entre les revenus individuels des hommes et des femmes, de procéder à une étude statistique et économétrique de ces écarts de revenus, de proposer des indicateurs qui devraient faire l’objet d’un suivi, d’étudier aussi les revenus individuels des partenaires au sein des couples et d’analyser les effets d’une rupture sur les revenus individuels.

3. Projets de recherche portant sur le sujet « femmes et sciences »

Depuis le début des années 2000, l'équipe DULBEA GENRE a réalisé plusieurs recherches relevant du domaine des femmes et des sciences. Pour la Belgique, les études Alma Mater et GENIUF ont analysé les inégalités genre au sein des universités francophones. Au niveau international, le sujet a été au cœur des projets “Women in industrial research”, “Meta-analysis of gender and science research”, She Figures 2009 et 2012, et “Euro-Mediterranean research cooperation on gender and science: SHE Euro-Mediterranean Research Area (SHEMERA)”.

« She Figures 2012 » (2011-2012) et « She Figures 2009 » (2008-2009). L’objectif de ce projet est de récolter les statistiques et indicateurs nécessaires au suivi de l’évolution vers plus d’égalité de genre dans la science au sein de l’Union Européenne et dans d’autres pays comme la Croatie, l’Islande, la Norvège, la Suisse, l’Israël et la Turquie. Cette collection d’indicateurs ainsi que leur analyse fait l’objet d’une publication « She Figures » publiée tous les trois ans par l’Unité Culture scientifique et questions de genre de la DG Recherche et Innovation de la Commission Européenne.

« Euro-Mediterranean research cooperation on gender and science: SHE Euro- Mediterranean Research Area (SHEMERA) » (2011-2013). Il s’agit d’un projet de recherche financé par le programme Science et Société du FP7. Il vise à soutenir la coopération euro-méditerranéenne dans un effort commun de renforcer le rôle des femmes en science et dans toutes les sphères de la vie. Il est coordonné par la Fondation CIREM à Barcelone et repose sur un consortium de 17 pays. La récolte de données sur « femmes et sciences » représente un enjeu majeur de ce projet qui vise également à réaliser une analyse comparative des inégalités de genre dans les carrières scientifiques et à étudier les politiques qui seraient appropriées pour les réduire dans les 9 partenaires euro-méditerranéens : Algérie, Egypte, Jordanie, Liban, Lybie, Maroc, Palestine, Syrie et Tunisie. SHEMERA représentera une contribution majeure à l'accroissement de la base de connaissances sur les questions de genre et de la science dans les pays partenaires méditerranéens, permettant davantage le développement de la coopération euro-méditerranéenne en recherche dans ce domaine.

« Inégalités entre femmes et hommes dans les universités de la Communauté française de Belgique (GENIUF) » (2011). L'objectif de cette étude financée par les Ministres Fadila Laanan et Jean-Claude Marcourt était de mettre en évidence, dans les différentes universités francophones de Belgique, les évolutions des populations étudiantes au cours des dix dernières années et d'analyser la représentation des femmes aux différents niveaux de la carrière académique et ce afin de tester l'hypothèse du cheminement spontané vers plus d'égalité. En outre, nous avons analysé les causes des inégalités constatées ainsi que les politiques qui pourraient être mises en œuvre pour les corriger.

« Meta-analysis of gender and science research » (2006-2008), une étude réalisée dans le cadre du 7ième Programme cadre pour la recherche et le développement technologique de l’Union européenne (FP7) pour la DG Recherche. Le projet associait des experts de tous les états membres de l’UE ainsi que des pays associés à l’Union. Il s’agissait d’une méta-analyse, c’est-à-dire d’une étude qui a récolté et analysé toutes les études existantes sur la question de la ségrégation de genre, horizontale et verticale, dans les carrières scientifiques, adressant les causes sous-jacentes ainsi que les effets de cette double ségrégation. L’inventaire exhaustif et l’analyse de l’ensemble des recherches sur genre et science réalisées aux niveaux européen, national et régional ont donné lieu à de nombreux rapports et à la Gender and Science Database (GSD), une banque de données spécialisée contenant plus de 4500 références bibliographiques d’études publiées entre 1980 et 2006.